Pensées & Opinions

Un blog à l'ancienne, quoi.

Idées, opinions, perspectives, des articles de blog sur tout ce qui m’intéresse.

Ecrire: travailler sur la structure

D’après ce que j’ai pu constater, on peut dire qu’il y a deux types d’auteurs : ceux qui ne peuvent commencer à écrire sans avoir une idée précise et un plan de ce qu’ils vont écrire, et ceux qui partent sur une idée, et se laissent « porter par l’histoire ou les personnages ».

Si vous avez parcouru un peu le site, vous aurez compris que je fais partie des premiers. Il m’est inconcevable de me lancer à l’aventure. Si je me mets à l’écriture, c’est que mon plan est réglé aux petits oignons.

Que vous apparteniez à la première catégorie (comme moi) ou à celle des aventuriers, le problème reste le même : pour créer un texte attractif, il faudra le structurer.

La seule différence, c’est que l’auteur « aventurier1 » va faire son travail sur la structure lors de la première révision, pour recoller les morceaux et les bouts d’histoires et leur donner un peu plus de cohérence, là où l’outliner aura fait ce travail avant l’écriture.

Mais toute histoire a besoin d’une structure soignée pour fonctionner.

Une méthode

C’est bien joli, mais comment s’y prendre ? Y a-t-il quelque chose qui fonctionne à coup sûr ?

J’ai envie de parler d’une façon de faire que j’utilise depuis quelque temps et qui peut s’adapter à toute histoire, à tout récit. Plus complète que la structure archiconnue en trois actes, elle m’apparait aussi plus logique et facilement adaptable. Je m’en sers partout, et même pour l’écriture de certains articles sur OLSF.

En 2005, j’ai eu la chance d’assister à un stage sur l’écriture de scénario, donné par Jean-Marie Roth. C’est d’ailleurs probablement ce qui m’a relancé dans l’écriture proprement dite, après une (longue) période sans écrire de fiction, et plutôt tournée vers la formation à ce qui allait devenir mon day job. Ce fut une des premières fois où je touchais du doigt une méthode pour structurer un récit de manière à donner de l’envie et du plaisir au lecteur/futur spectateur.

On y abordait les notions de climax, de profondeur des personnages, de timeline, et quelques trucs et astuces pour les rebondissements dans l’histoire à raconter.

J’avais tendance à bricoler à partir de ce que j’avais appris lors de ce stage, jusqu’à ce que je tombe sur un article sur la façon de travailler de Cory Doctorow, dans lequel il abordait en une phrase mystérieuse le fait qu’il appliquait le seven point story structure à tout ce qu’il écrivait.

Cette phrase sibylline m’a mis en chasse et quelque temps plus tard, je trouvais une présentation par Dan Wells, disponible sur Youtube.

Plusieurs méthodes

Bien sûr, vous trouverez en cherchant un peu plein d’autres méthodes, que vous pourrez essayer aussi (la méthode du «  flocon de neige », «  l’arc en huit points » par exemple).

Mais cette façon (le seven point story structure) de penser la structure d’une histoire me correspond vraiment bien, dans le sens où j’arrive beaucoup mieux à construire mon histoire et mon plan avec cette « méthode ». Bien entendu, c’est à vous de choisir ce qui vous convient le mieux.

Dan Wells explique vraiment bien son affaire dans cette série de vidéos. Si vous comprenez l’anglais, ce sont 50 minutes bien investies.

Pour résumer, la structure en question se présente ainsi :

  • The Hook (2)
  • Plot Turn 1 (4)
  • Pinch 1 (6)
  • Midpoint (3)
  • Pinch 2 (7)
  • Plot Turn 2 (5)
  • Resolution (1)

Un peu plus en détail

(1):

Et pour bien commencer sa structure, il faut commencer par la fin, finalement c’est assez logique : en tant qu’auteur, vers quoi notre histoire va-t-elle nous amener ? Le dernier point, resolution, est donc le but de toute l’histoire. Dan Wells illustre son propos avec Harry Potter, dont presque tout le monde connait l’histoire.

La résolution d’Harry Potter est donc « Harry vainc Voldemort ».

(2):

Ensuite, on peut donc décider d’où partir, c’est le hook. De quoi accrocher le lecteur, et le point de départ qui va permettre une évolution du personnage et de l’histoire jusqu’à la résolution.

Dans notre exemple : Harry a une vie pauvre et triste.

(3):

On s’attaque ensuite au midpoint, c’est un point de passage obligé pour le personnage, durant lequel il passe de la réaction à l’action. Harry apprend la vérité sur la pierre philosophale et promet de la protéger de Voldemort.

(4):

Dans le premier plot turn, le monde du personnage change; c’est l’introduction du conflit qui va concerner le personnage. Il rencontre de nouvelles personnes, se découvre un nouveau pouvoir, découvre des secrets…

Harry va à Poudlard, devient sorcier et apprend la magie.

(5):

Le deuxième plot turn va vous aider à faire passer votre personnage depuis la décision d’agir vers l’action et le succès final. Il découvre donc la dernière chose qui lui manque pour arriver au stade resolution.

Harry découvre que la pierre est dans sa poche parce qu’il est pur.

(6) et (7):

Les deux pinch sont là pour faire mal au personnage. Plus la tâche lui est ardue, plus le lecteur prend du plaisir à le voir réussir.

Le pinch 1 fait passer le personnage à l’action. Il s’agit de mettre de la pression : c’est l’attaque du troll dans Poudlard, où Harry est contraint à agir, car il n’y a pas d’adulte pour le(s) sauver.

Le pinch 2, enfin, doit faire mal. Le monde doit s’écrouler, les amis du personnage doivent être tués ou congelés, il n’a plus que deux balles dans son revolver alors que le requin géant attaque le reste de barque sur laquelle il survit… Vous voyez le topo. Ici, il faut que l’on sente le mérite à réussir jusqu’au point de résolution.

Ici, Harry est seul, car Hermione et Ron sont tombés dans les pièges du donjon.

Mon résumé est assez pauvre, aussi je vous encourage vivement à visionner les vidéos, qui sont beaucoup plus explicites.

Ce système correspond bien à ma façon de construire les histoires, et on peut l’adapter à tout type de récit–en fait, chacun peut s’amuser à identifier chacun des points en regardant un film ou en lisant un roman. On peut aussi mélanger (tricoter ?) plusieurs structures en sept points, on peut même construire chaque chapitre selon cette structure si l’on le souhaite, et complexifier son histoire et ses personnages à volonté.

C’est très souvent mon point de départ à tout développement d’histoire un peu élaborée, et avoir trouvé une méthode qui me permette d’être certain du fonctionnement de ma structure m’aide à avancer dans mon écriture.


  1. J’ai essayé, croyez-moi, de me lancer dans un texte avec seulement une vague idée de là où toute l’histoire devait me mener : je n’ai tout simplement pas terminé mon histoire. Les gens qui arrivent à travailler comme cela sont pour moi des « aventuriers ». ↩︎

Comment Cory Doctorow fait-il pour être aussi productif ?

Comment Cory Doctorow fait-il pour être aussi productif ?

Cory Doctorow est un journaliste, écrivain et activiste internet d’origine canadienne. Il vit actuellement à Londres, et c’est l’un des écrivains les plus prolifiques que je connaisse, avec par exemple Fabrice Colin.

Il était l’invité de Glenn Fleishmann lors d’un récent podcast [lien Internet Archive] (New Disruptors podcast), durant lequel il a répondu à quelques questions sur sa productivité, notamment: quel est votre secret pour produire autant ?

Sur le secret de sa productivité, il répond donc:

  • Dire beaucoup non, c’est-à-dire décider et choisir sur quoi l’on veut travailler
  • Apprendre à écrire dès qu’un moment se présente
  • Avoir un objectif journalier en termes de mots à écrire
  • Savoir s’arrêter au milieu (d’une phrase, d’un paragraphe, une fois le nombre de mots décidé atteint)
  • Choisir un objectif modeste, mais l’atteindre tous les jours
  • Par incidence, écrire tous les jours, donc développer une habitude de l’écriture

D’après Doctorow, développer cette habitude d’écrire tous les jours, et surtout écrire (facilement?) lui est venu à partir du moment où il a réalisé que sa satisfaction avait beaucoup plus à voir avec son système endocrinien et son taux de glucose dans le sang qu’à voir avec les mots qu’il venait d’écrire. Aussi séduisante que peut l’être l’idée de “l’inspiration”, celle-ci n’a probablement rien à voir avec la qualité de votre travail.

Le reste du podcast est plutôt orienté sur la publication online, les ebooks et les questions économiques autour du partage et de la disponibilité de ses écrits online, entre autres choses. Des notes tirées du podcast sont disponibles sur le site de Glenn Fleishmann.

Pour ma part, même si je ne suis pas encore publié, je trouve beaucoup de plaisir dans l’écriture. Et dans l’idée de toujours m’améliorer, il se trouve que j’applique quelques-uns de ces principes.

J’ai un day job, pour nourrir la famille (et parce que ce job est intéressant pour moi), et ce job est assez prenant, impliquant des gardes, des nuits et des déplacements. Tout cela participe du fait que moi non plus, je n’ai pas de cocon tranquille et sans bruits, ni de moment réservé, pour écrire. J’écris, comme Doctorow le faisait à l’époque où il travaillait pour la E.F.F., quand je peux, ce qui implique que je trimballe partout mon mac.

J’essaie également de développer cette habitude (certains diraient ce muscle) de l’écriture, tous les jours, quoiqu’il arrive. Et c’est vrai que cela facilite grandement l’écriture, dans le sens qu’en quelques semaines, il n’est nullement difficile d’atteindre le compte de mots que je me suis fixé.

Une petite différence, cependant: si je crois également qu’il faut s’arrêter au milieu d’une idée ou d’une phrase, parce que cela facilite la reprise de l’écriture le lendemain, j’ai tout de même du mal à avancer vite si je n’ai pas l’idée de ce que je vais écrire un peu en avance.

En gros, cela veut simplement dire que je fais partie des outliners, ceux qui ont du mal à écrire sans plan. D’où mon amour de Scrivener.

Mais plus sur ce sujet lors d’un prochain article.

Scrivener: organiser la structure de ses textes

À partir d’une certaine longueur, tout texte a besoin d’une structure. C’est particulièrement vrai pour les textes longs (cela vous semble évident pour une thèse scientifique, par exemple), mais également pour tout travail de fiction, et cela va bien au-delà du simple découpage en chapitres.

Il existe différentes écoles pour structurer une histoire, et vous pouvez tomber sur des méthodes un peu partout sur internet. Mais que vous penchiez pour la structure en 7 points ( exposée par Dan Wells) ou le développement d’histoire en 8 points ( Randy Ingermanson), la nécessité de structurer son texte est là.

Et c’est l’un des (nombreux) points forts de Scrivener, puisque cet outil va être d’une grande aide pour travailler la structure d’un texte, quelle que soit sa longueur, offrant une vue aérienne du projet, et permettant de faire des modifications dans l’ordre des scènes, chapitres ou sections très facilement.

Usine à gaz, Scrivener ?

Mais l’interface de Scrivener peut vite faire peur et décourager le premier utilisateur, simplement devant l’ensemble (énorme) des possibilités offertes.

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Scrivener, la première fois que l’on ouvre un projet.

Dans un précédant article, nous avons déjà vu qu’il est très facile de modeler le logiciel pour en faire ce que l’on veut, et simplifier grandement l’interface pour se concentrer sur la tâche.

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Beaucoup mieux ! Notez les extraits de mon thriller, Ximera, à paraitre tout bientôt !

L’un des gros points forts de Scrivener est donc de vous laisser tous les outils pour élaborer finement la structure de votre texte, mais sans forcément qu’ils vous étouffent. Ils sont présents, et seulement si vous en avez besoin.

En termes d’organisation et de structure, différentes façons de penser le problème sont disponibles. Vous pouvez utiliser le corkboard (littéralement: “tableau de liège”) sur lesquelles viennent s’épingler différentes cartes (avec des titres ou des mini-synopsis), cartes qui correspondent aux différentes sections (ou chapitres) de votre texte, ou bien l’outliner, étant donc un plan plus ou moins détaillé du projet.

Outliner ou Corkboard – Mode plan détaillé ou post-it épinglés.

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Certains auteurs fonctionnent beaucoup avec ce genre de tableau, sous cette forme ou celle de post-it, par exemple, pour avoir une vue d’ensemble du projet, et donc avoir une idée générale de la structure, du rythme, de l’utilité de chaque scène. Et ce, d’autant plus que d’autres informations sont disponibles grâce à l’inspecteur (pour mémoire : ⌘-⌥-I pour le masquer ou le montrer).

En 1, un synopsis de la fiche séléctionnée (qui peut être générée automatiquement), et en 2, les notes associées au document.

Une autre façon de voir les choses est sous la forme d’un outliner, forme de plan détaillé que j’utilise plus souvent, simplement parce que cela correspond mieux à ma façon de penser mon histoire.

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Ici, j’ai masqué l’inspecteur, et je me concentre uniquement sur les scènes (ou chez moi: les chapitres), avec un petit synopsis pour chacun, le point de vue (POV), le statut de la scène en question, et toute option que je souhaite voir dans cette vue.

Ici comme ailleurs dans le logiciel tout est personnalisable, dans le menu View > Outliner Columns.

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Bien entendu, rien ne vous empêche d’utiliser les deux systèmes, ou de passer de l’un à l’autre selon vos besoins. Ce ne sont finalement que des façons différentes de présenter la structure de votre document, disponibles à portée de clic.

Simplifier

Il est vrai que l’interface peut faire peur, et particulièrement si l’on ne parle pas l’anglais (encore qu’une version francisée est en préparation). Mais l’idée ici est de servir l’auteur, et une fois que l’on a configuré la vue de l’outliner comme on le souhaite, on a plus a y revenir, et travailler le texte en lui même devient, du coup, beaucoup plus facile.

Ainsi, dans ces deux modes de vue, il suffit de cliquer et glisser une scène entre deux autres, ou encore de sortir une scène inutile de l’ensemble du texte, en bref, déplacer, supprimer ou rajouter des bouts de textes de chapitres, de scènes, et se concentrer sur l’histoire à raconter et pas sur une interface.

Sans compter que tout est sauvegardé. Même si vous jetez une partie de votre texte, tout est conservé et vous pourrez le retrouver dans la corbeille du logiciel.

On peut donc, en toute liberté, modifier la structure profonde de l’histoire, juste pour voir si cela fonctionne mieux, aérant tel chapitre, regroupant tel et tel événement.

Un vrai régal.

Pour la petite histoire, la première partie de Ximera était rédigée dans Pages, et au bout de 75000 mots (grosso modo 250 pages pour les gens ne parlant pas le “mot compté”), déplacer un simple paragraphe d’un endroit à l’autre du texte était pour le moins épique. Puis j’ai découvert Scrivener, ce qui a grandement facilité mon travail (dans le sens “enlever de la friction”).

Spliter, merger (ou l’art de franciser des mots anglais)

Oui, mais si je veux tout réorganiser, couper un chapitre en deux, coller deux bouts de textes et pas simplement déplacer un chapitre entier ?

Ici encore, des petits raccourcis clavier peuvent sauver bien du temps.

Je me rends compte qu’un chapitre est trop long, je souhaite en faire deux chapitres distincts. Il suffit de placer mon curseur à l’endroit de la séparation:

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Puis ⌘-K, pour me retrouver avec un nouveau chapitre (que je dois renommer).

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Pour faire l’inverse, je sélectionne deux chapitres (sections, morceaux de texte, comme vous voulez)

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Puis ⇧-⌘-M, pour en faire un chapitre unique.

Simple. De quoi se concentrer uniquement sur l’histoire à raconter, son rythme, sa structure.

Au final

Scrivener peut se configurer aussi bien en un “lieu” d’écriture minimaliste, pour se concentrer, quelle que soit la longueur de son texte. Et dès que les choses ont besoin de structure, ce logiciel devient indispensable, et les outils sont à disposition, simplement “cachés” pour ne pas me distraire.

Comme il est tout à fait personnalisable, c’est à vous d’en faire votre outil d’écriture.

Scrivener: adapter comme un environnement minimaliste

Au fil des ans, Scrivener est devenu mon outil de prédilection dès qu’il s’agit de coucher des mots « sur le papier ». Pour être plus précis, si je ne suis pas sur l’un de mes ordinateurs mobiles (comprendre: iPad ou iPhone) et que ce que j’écris va dépasser la petite centaine de mots, cela va se passer dans Scrivener.

Organiser et réorganiser mes textes, lister et stocker des idées, conserver mes recherches (et les rendre accessibles, trouvables en trois clicks, exportables), depuis la liste des articles pour le blog jusqu’aux romans de plus de 120,000 mots, tout passe maintenant par cet outil, qui rend simplement la vie d’auteur plus facile.

Se concentrer sur ses idées

J’ai aussi appris à apprécier un environnement minimaliste pour me concentrer sur mes idées et mon texte, et réduire le risque d’être distrait par une interface complexe ou des couleurs vives.

Le succès de logiciels comme ByWord ou iAWriter, qui sont des traitements de textes dépouillés (au bon sens du terme) est compréhensible de ce point de vue. Je les utilise d’ailleurs encore souvent pour des textes courts, ou encore sur mes iAppareils.

Mais je reviens vers Scrivener dès qu’il s’agit d’organiser mon texte, d’avoir des références sous les yeux, ou simplement d’avoir la structure complète d’un projet plus complexe directement à l’écran, dans le même outil d’écriture qui me permet de travailler mes idées.

Scrivener, un outil d’écriture très complet

Seulement voilà: Scrivener peut aussi s’avérer très complet et complexe (pour être juste, si l’utilisateur le veut !)

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Scrivener, toutes voiles dehors. 

Et ceci d’autant plus que l’interface n’est pas (encore) francisée.

L’intérêt de Scrivener n’est plus à démontrer (peut être fera-t-il le sujet d’un nouvel article, plus généraliste), mais dans cet environnement complet, comment puis-je retrouver ce côté minimaliste, à mon goût, et qui me permette de rester concentré sur mon histoire, et de simplement transférer ce que j’ai dans ma tête vers mon fichier texte ?

Unclutter

Unclutter, que l’on pourrait traduire librement par simplifier.

Scrivener propose une première solution simple, probablement initiée par ByWord: le mode composition (chez ByWord, on parlerait simplement de plein écran).

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Scrivener en mode plein écran. Ne prêtez pas attention au texte insipide et bourré d’erreurs et de fautes que vous voyez s’afficher: il s’agit d’un brain dump

On peut l’activer soit par le menu View > Enter Composition Mode, soit par le raccourci clavier ALT-⌘-F.

Ici, tout est personnalisable.

À commencer par la police. Personnellement, je préfère écrire en police à espacement fixe, et je suis tombé en amour devant la police utilisée dans iAWriter : Nitti Light, aussi l’ai-je installée dans les paramètres par défaut.

Modifier la fonte d’affichage du mode d’édition reste simple: il suffit de faire un petit tour par les préférences de Scrivener, sous l’onglet Formatting, puis sur le A qui symbolise le choix des polices.

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Là, la fenêtre système de choix de police s’affiche. Il ne reste qu’à choisir la fonte, la taille, éventuellement la couleur si vous souhaitez la modifier.

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Le reste des options est accessible directement depuis le mode composition (à ne pas confondre avec le mode plein écran de Mountain Lion, CQFD). Si je glisse ma souris vers le bas, une barre de contrôle apparait.

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Tout est réglable, avec, dans l’ordre, le zoom, la position de la page, la largeur de celle-ci, et même l’opacité du fond.

Se situer dans la structure d’un texte

Sur des textes plus longs, j’ai souvent besoin de faire référence à des points situés plus tôt dans l’histoire, ou encore de situer la scène dans la structure du document complet. La magie de Scrivener opère, et je peux facilement accéder à ces outils que sont le Binder ou l’Inspecteur (avec ses notes et ses options) en un coup d’œil.

Mais la barre d’outils, avec ses icônes colorées, la barre de mise en forme du texte ou bien même le Binder avec ses onglets vifs peuvent vraiment être une source de distraction.

Enlever ce dont on n’a pas besoin

C’est aussi la force de cet outil: on peut en faire ce que l’on veut. Aussi, virons tout ce dont nous n’avons pas besoin !

Ma police de travail, sa taille et sa couleur ont déjà été choisies dans les préférences. Je n’ai donc pas besoin de la barre de mise en forme, surtout que celle de mon texte de sortie peut être complètement différente (et ce sera le sujet d’un prochain article).

⇧-⌘-R ou le menu Format > Hide Format Bar permet de cacher (ou montrer) la barre de mise en forme.

Tant qu’on y est, je n’ai pas besoin non plus de la règle : ⌘-R ou le menu Format > Hide Ruler, et voilà.

Masquons la barre d’outils multicolore: un clique dans la barre d’outils, et j’ai l’option Hide Toolbar.

Et puis masquons ou affichons le Binder et l’Inspector à la demande :

  • ⌥-⌘-B pour cacher ou afficher le Binder

  • ⌥-⌘-I pour cacher ou afficher l’Inspector

Interface minimaliste

Voilà, j’ai donc une interface minimaliste, me permettant de me concentrer sur mon texte, mes idées, ou mon histoire.

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Et d’un ou deux raccourcis clavier, je peux voir où j’en suis dans mon histoire par exemple en affichant le Binder , ou encore les notes associées à ce chapitre particulier en affichant l’inspecteur.

Quelque part, c’est le meilleur des deux mondes: la simplicité d’un outil de saisie à la ByWord ou iAWriter, et les boites à outils de l’auteur fournies par Scrivener à portée de raccourci clavier.