Pensées & Opinions

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Les règles de Heinlein

Je connaissais déjà les règles d’écritures de Heinlein, pour être tombé dessus à l’époque où je passais plus de temps à chercher des articles sur l’écriture qu’à écrire — indice : mettez-vous tout de suite à l’écriture, plutôt que de procrastinerxs. Ce que je croyais avoir compris à propos de ces règles était loin de leur signification réelle.
En fait, comme beaucoup de ce qui parait simple, ces règles sont complexes et presque impossibles à suivre.

Qui est Robert A. Heinlein ?

Je vais vous renvoyer vers l’article de Wikipedia à son sujet, mais résumons en disant simplement qu’il était un auteur américain de science-fiction quatre fois primé au Hugo.

Les règles

Dans les années quarante, Heinlein écrit un essai destiné aux professionnels du secteur, plutôt mal fagoté, et à la fin duquel il dit qu’après tous ces conseils, il va donner ses règles de business secrètes, en mentionnant que ses « collègues » lui en voudront certainement de les donner. Selon lui, ce n’est pas très important, parce que personne ne pourra les appliquer complètement de toute façon.
Et il se trouve qu’il avait raison.

Les règles d’Heinlein sont simplissimes, et presque impossibles à suivre.

Règle n° 1 : vous devez écrire.

OK. Écrire. C’est simple. Cela ne veut pas dire faire de la promo, ni discuter sur un groupe fb d’écriture, ou « faire des recherches » pour mon prochain thriller ou ma prochaine histoire SF.
Cela veut juste dire « être un écrivain » ; quelqu’un qui écrit. Qui quand il a fini son bouquin, attaque le suivant. Cela veut dire de ne pas se cacher derrière des excuses (« je n’ai pas le temps pour écrire », « je ne suis pas inspiré aujourd’hui », « je me suis engueulé avec ma femme, je ne suis vraiment pas d’humeur pour écrire », et j’en passe).

Ça commence déjà à être difficile, et c’est peut-être même la règle la plus dure à suivre, parce que (et je suis le premier concerné) il s’agit de passer plus de temps à écrire qu’à dire qu’on veut/va/pense à écrire.

Get to your. fucking. keyboard. and. WRITE.

Règle n° 2 : vous devez finir ce que vous écrivez.

Ça à l’air con, dit comme ça. Ce qui empêche la plupart des gens de finir leur travail (d’écriture), c’est la peur, parce que cela veut dire une histoire à montrer, une exposition aux critiques. Et si j’ai fait de la « m » ? Si les lecteurs n’aiment pas ? Si personne ne lit ? Tant que c’est un work in progress, c’est safe.
Ce mur de peur nous empêche de mener nos projets au bout, comme huit ou neuf personnes sur dix qui se lancent dans l’écriture d’un roman.

Règle n° 3 : vous ne devez jamais réécrire, à part pour des besoins éditoriaux.

Je suis un des premiers à sauter sur place quand je lis cette règle. Comment est-ce possible ? Ne doit-on pas proposer la meilleure qualité possible pour nos lecteurs ?
Examinons ce que cette règle veut vraiment dire.
Écrire, c’est un processus géré par l’arrière de votre petit cerveau (pour reprendre l’expression de Dean W. Smith, qui m’a inspiré cet article). Réécrire, ou éditer, c’est corriger les petites fautes, toutes les mauvaises tournures de phrases, cela vient du lobe frontal, de votre prof de français personnel.
L’arrière de votre cerveau sait ce qu’il fait : il a fait ça toute sa vie, raconter des histoires, en lire et en écouter ; il sait ce que c’est que le storytelling.
Cette phrase moche que votre lobe frontal cherche à vous faire corriger ? C’est ce qui fait que c’est votre texte, c’est votre style. Il n’y a que sept structures d’histoires, et tout ce qui a déjà été écrit suit ces structures. Vous ne pourrez pas faire mieux que Shakespeare, que Bradbury ou que Gaiman (oui, j’ai les références que je veux !). Ce qui va faire la différence, c’est vous, l’écrivain, avec votre style, votre façon d’écrire l’histoire.

Laissez votre « voix » tranquille.
C’est votre style, c’est ce qui va vous différencier, laissez cela dans le texte !

Qu’est-ce qu’on peut tirer de tout cela ?

Allez jusqu’à la fin de votre histoire en mode créatif. Puis, éditez pour réparer les erreurs, les oublis dans l’histoire. Une vérification de l’orthographe, et zou ! Direction votre (vos) bêta-lecteurs, et quand le texte vous revient, vous réparer les fautes relevées (grammaire, orthographe, frappe) par ces lecteurs, puis laissez partir votre texte vers son public, et passez au texte suivant.

Je sais.
C’est un truc de dingue, et j’ai beaucoup de mal à l’appliquer. Mais ces règles ne tombent pas de nulle part, et ceux qui arrivent à les suivre de manière rigoureuse semblent faire une longue carrière.

Règle n° 4 : vous devez mettre votre texte sur « le marché ».

À l’époque de Heinlein, cela voulait dire le présenter à un éditeur. Maintenant, cela n’a jamais été aussi simple : vous pouvez choisir la voie d’auteur indépendant, ou proposer votre roman à un éditeur, ou les deux.

Règle n° 5 : vous devez laisser votre texte sur le « marché ».

Facile.
Voie indé : télécharger, choisir un prix, et oublier.
Voie édition traditionnelle : envoyer, se voir refuser le texte, envoyer, se voir refuser le texte, jusqu’à ce que quelqu’un accepte de le publier.

Voilà les cinq règles « business » de Heinlein. Elles fonctionnent pour bien des auteurs. Elles sont si simples et à la fois si difficiles à appliquer ; particulièrement la troisième règle, qui nous pousse à publier des textes si polis (au sens de polissage) qu’ils finissent par tous se ressembler (c’est en tout cas l’avis de Smith).
La quatrième voit son lot de difficultés aussi (« mon texte n’est pas assez bon »), il faut oser proposer son roman et s’exposer.

Techniques d’écriture, construction d’un récit, ouvrages de référence

Il y a quelque temps, je tombais sur un article qui faisait la comparaison entre écrivains et artistes.

L’idée était de penser que l’écrivain était différent de l’artiste au moins en ce sens que le premier commence par essayer de créer un produit fini sans avoir d’abord travaillé chaque qualité individuelle nécessaire à la création du produit final (l’Histoire).

Un dessinateur va par exemple s’entraîner sur les parties spécifiques, comme les ombres, ou le trait, sans avoir besoin de créer une œuvre à part entière.

Un écrivain s’assoit rarement à son bureau pour s’entraîner au dialogue, ou à la description, ou encore à l’expression des sentiments, sans dans le même temps essayer de créer une histoire.

C’est un petit peu comme si vous demandiez à un artiste de dessiner votre portrait sans qu’il ait d’abord appris à tenir un crayon. Les différentes techniques à maîtriser pour dessiner sont étudiées, essayées, travaillées par tous les étudiants des écoles d’art avant de se lancer dans des projets plus complexes aboutissant à des œuvres finies.

Cette idée, peut-être très anglo-saxonne, est celle que le métier d’écrivain nécessite plusieurs savoir-faire, et que chacun de ces savoir-faire peu se travailler individuellement, au plus grand bénéfice de l’écrivain, qui ajoute de plus en plus d’outils à sa boite au fur et à mesure qu’il « s’entraîne ». Au fond, on ne devrait pas imaginer s’asseoir pour écrire une Histoire sans penser au fait que les dialogues, les problèmes de point de vue, la voix choisie, les descriptions ou la structure du récit sont des domaines qu’il est nécessaire de maîtriser, car ils doivent s’effacer au profit de l’Histoire, justement.

Au-delà des exercices (certains auteurs connus utilisent leur blog pour vous en proposer ; ce n’est pas très difficile à trouver avec un bon moteur de recherche, la structure de nos récits est quelque chose qui m’intéresse particulièrement.

Il m’est impossible, de toute façon, d’attaquer un roman, une nouvelle ou un truc intermédiaire sans avoir un solide outline. Du coup, pour savoir ce qui fonctionne ou pas, ce que les autres font, et comment faire, j’ai, au fil des ans, accumulé quelques bons ouvrages sur le sujet (mais pas que) dont je vous propose la liste.

Il n’y a que du bon, en tout cas que des choses qui me servent de référence. Certains ouvrages sont en anglais (mais des traductions sont disponibles), mais bon, hein, nos amis anglophones étant bien plus décomplexés que nous sur ces techniques d’écriture, il est bien naturel qu’ils en parlent plus.

L’écriture de scénarios

de Jean-Marie Roth.

C’est le premier ouvrage qui m’a mis le pied à l’étrier de la construction narrative. À la suite d’une master class suivie au début des années 2000 (l’auteur est un passionné, qui a réveillé à nouveau lors de ces quelques jours l’auteur en moi. Si, si.)

Ecriture

de Steven King.

Pas besoin de description. Celui-ci est régulièrement conseillé, tout simplement parce qu’il est très bon. Et King est un maître (ah ah.)

Zen in the art of writing

de Ray Bradbury.

Entre poésie et inspiration, cette collection d’essais évoque avant tout l’amour de l’auteur pour l’écriture. Cela me redonne un peu de peps sur les coups de mou, ceux que l’on peut avoir de temps à autre.

The writer’s journey

de Christopher Vogler.

Vogler écrit un livre sur la composante de toute histoire qui tient la route, à savoir le voyage du héros, basé sur les travaux de Campbell. Alexandre Astier en parle beaucoup mieux que moi à propos d’une master class organisée par Vogler sur Lyon en 2012, fait rarissime.

Screenwriting 101

de Film Critic Hulk.

Fortement axé sur la critique de scénario et du coup, la décomposition de ces derniers, de leur structure, de la profondeur des personnages… Quelques archétypes de personnages et leurs interactions sont bien décrits, ainsi que la construction d’un personnage crédible. Trouvé grâce à Neil Jomunsi (merci, gars !), qui en fait encore une fois un meilleur éloge que moi.

The story grid

de Shawn Coyne.

Une petite merveille basée sur l’expérience de nombreuses années en tant qu’éditeur de Shawn Coyne. Il sort de tout cela une grille d’analyse qui peut servir à comprendre où une histoire peut pêcher (au niveau de la critique), agissant un peu à la manière d’un script-doctor sur votre livre.

Il illustre cette technique, tout au long de l’ouvrage, en analysant Le silence des Agneaux de Thomas Harris. On découvre le pourquoi, le comment l’histoire de Clarice Sterling et sa relation avec le Dr Lecter nous file les chocottes et nous engage autant.

Cette grille peut également être utile à la préparation d’une histoire, et je l’utilise pour mon prochain thriller (titre provisoire : Redteam).

Comment écrire des histoires

de Elisabeth Vonarburg.

C’est ma dernière acquisition, pas encore eu le temps de le lire. De mémoire, c’est un livre conseillé par Alexandre Astier dans la même série de vidéos (celles sur Vogler).

Voilà donc une belle petite liste. Et vous, que pensez-vous des techniques d’écriture ? Avez-vous des ouvrages à conseiller ?

Note : ce sont des liens sponsorisés. Soyez libres de trouver ces livres par vous même, mais un peu d’amour ne fait jamais de mal, si vous souhaitez me soutenir, n’hésitez pas : cliquez !

Comment voler du temps pour écrire ?

Il y a trois ans, j’avais une superbe idée pour un thriller technologique. Je ne savais pas comment m’y prendre, et jamais je n’avais attaqué un aussi gros projet d’écriture. J’imaginais qu’il me faudrait six à huit mois pour finir le livre. Deux ans plus tard, je publiais Ximera.

Après des débuts intéressants (« Wow ! D’autres que la famille et les amis sont intéressés ! Wow ! Des commentaires ! Wow, des bons commentaires !! ») et la satisfaction d’avoir enfin mon premier roman dans les mains, j’ai rapidement compris que je voulais continuer, c’est-à-dire écrire et publier le plus d’histoires possible, parce que j’adorais « ça » (dans son ensemble).

Puis les ventes sont assez vite retournées à un niveau stable, mais bas, autour d’une vente tous les trois ou quatre jours. Ce n’est pas un problème, me direz-vous, cela ne paie pas le dîner. L’idée n’est pas (encore) d’en vivre, mais après tout, j’y ai pris goût : si j’écris, c’est pour me faire plaisir (désolé) mais aussi pour les autres, ceux qui ont aimé ce bouquin, ceux qui pourraient l’aimer ou aimer d’autres histoires. L’idée est donc de toucher un maximum de lecteurs, ce qui nous amène au réel problème de tout jeune auteur.

Le problème de tout jeune auteur est de faire savoir qu’il existe.

Le gros problème des jeunes écrivants c’est donc la visibilité.

Il existe différentes méthodes pour augmenter sa visibilité (voir le dernier article de J.F. Penn : la production en gros volume, la production en séries…), mais en tout cas toutes s’accordent sur un point : il faut publier plus et donc il faut écrire plus. Non seulement cela augmentera votre visibilité, mais vous allez améliorer votre écriture ( parlez-en à Neil).

Le dayjob

Me v’là beau.

Non, parce que la grosse majorité des écrivants ne peut pas vivre exclusivement de leur écriture et a un travail — les anglophones, avec ce sens de l’efficacité linguistique, utilisent le mot dayjob. Je fais bien entendu partie de la grosse majorité (qui a dit « pour une fois » ?)

Vous me voyez venir avec mes gros sabots qui laissent des traces dans le beurre. Je n’ai moi-même personnellement pas réussi à écrire mon premier roman en moins de deux ans, et il faudrait que je trouve du temps, encore plus de temps, pour écrire plus, pour toucher plus de lecteurs.

Je m’étais d’ailleurs trouvé une routine bien rodée, qui me permettait au bas mot d’écrire mes mille mots par jour (chacun sa limite, on a écrit sur le sujet ici même il y a quelque temps).

D’ailleurs, ça n’a pas raté : j’ai cassé ma petite routine bien rodée avec la prise de nouvelles fonctions professionnelles dans le dayjob… Qui m’a bien occupé. (Il faut bien manger, ma bonne dame.)

Comment faire alors pour dégager du temps ?

« Voler » du temps pour écrire.

À force de bricoler, on trouve des petites astuces, bien personnelles, piquées à droite et à gauche, et qui peuvent éventuellement vous aider à écrire plus. En vrac, comme ça, je vide le sac :

  • Changer ses horaires : écrire tard le soir, ou tôt le matin peut vous permettre d’écrire mieux, donc d’écrire plus. J’avais essayé pendant un temps de me lever à 5 h et de consacrer une heure devant mon clavier, avant tout le reste. J’ai maintenant coupé la poire en deux et je fractionne… Parce que c’est plus adapté à mon mode de vie.
  • Écrire en groupe : le fait de devoir rendre des comptes, tenir ses engagements, peut vous aider à garder une certaine motivation et faire taire la petite voix qui sort dès que du temps se dégage (celle qui dit : « Netflix, Neeeetfliiiiix ! »). Pas obligé de créer un vrai groupe. Par exemple, j’essaie de publier mes comptes de mots presque quotidiennement sur Twitter. Je tiens des barres de progression sur mon blog perso. L’idée est vraiment qu’il y a quelque chose de puissant à dire aux autres « je vais faire ça » et de le faire vraiment.
  • Écrire en fractionné : à la pause midi, dans les transports, quand vous avez cinq minutes par-ci, cinq minutes par là. C’est notamment la méthode utilisée par Cory Doctorow quand il est en tournée pour ses livres. Petit à petit, cela s’accumule dans la journée et vous pouvez rapidement atteindre vos objectifs.
  • Écrire même quand on n’écrit pas : un peu de temps en voiture, par exemple, durant lequel vous pouvez réfléchir à la prochaine action de vos personnages, à résoudre des problèmes sur l’architecture de votre histoire, etc.

En bref, toutes ces petites techniques permettent parfois de récupérer un peu de temps là où l’on pensait ne plus en avoir, et retrouver une certaine régularité d’écriture. Je persiste dans cette idée, je pense que créer l’habitude d’écrire est ce que vous pouvez faire de mieux pour avancer dans votre écriture.

Quelque part, cette préoccupation de la production reste très anglo-saxonne. Je n’ai pas encore trouvé de blog d’écrivain francophone qui décrit ses habitudes d’écriture, ses problèmes, en bref, les coulisses.

Dans le domaine, il n’y a pas réellement de recettes, et j’ai l’impression que tout le monde fait un peu à sa sauce. C’est un peu comme les environnements d’écriture. L’important est de trouver ce qui vous convient.

Et vous, avez-vous des trucs pour augmenter la productivité et/ou retrouver du temps pour écrire ?

7 points-clés où Scrivener m’aide à écrire mes fictions

J’ai découvert Scrivener courant 2009 et j’ai rapidement acheté la version 1.4 ; ce logiciel qui peut paraître rebutant aux yeux de certains a réellement changé ma vie d’auteur. Je suis intimement persuadé qu’il a joué un grand rôle dans le fait que j’ai pu finir mon premier gros projet, Ximera.

Découvrez dans ce court article pourquoi, en sept points fondamentaux.

1 – Rester organisé et ne rien perdre

Je ne m’inquiète plus d’avoir sauvegardé mon texte, du niveau de ma batterie, ou d’un plantage du logiciel (encore que Scrivener n’a jamais planté une seule fois depuis que je l’utilise, toutes versions confondues).

Scrivener sauvegarde automatiquement et très régulièrement l’ensemble du fichier : je ne perds plus mes textes.

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Quant à l’organisation : Scrivener est devenu mon fourre-tout de tout projet d’écriture. Tout est rassemblé en un seul endroit : le manuscrit, les scènes rejetées, les recherches, les fiches sur les personnages et sur les lieux, et en plus, on peut réorganiser tous les items comme on le souhaite, travailler sur la structure, en mode post-its sur tableau, en mode plan, sur le texte directement…

Exactement comme je l’aurais fait depuis un gros classeur où j’aurais tout disposé.

2 – Ecrire sans distraction

Scrivener est autant configurable que peut l’être Word, et il est très facile d’en faire un environnement d’écriture minimaliste, avec peu ou pas de distraction.

Il est aussi possible d’utiliser le mode plein écran, ou focus, ou appelez-le comme bon vous semble. L’idée est de n’avoir que son texte à l’écran, avec (si besoin) une fenêtre de référence.

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3 – Remplir mes objectifs

Une solution qui fonctionne pour moi (à vous de trouver la vôtre) est de faire entrer l’écriture au rang des habitudes. Pour cela, j’ai pour objectif d’écrire un minimum de 1250 mots par jour (quoique j’ai récemment monté ce minimum à 1500).

L’idée est d’écrire, quoi qu’il arrive, envie ou pas envie, pour créer cette habitude et dégager cette difficulté qui peut parfois se présenter lorsque je commençais une nouvelle session d’écriture.

Scrivener propose un outil d’objectif tout à fait adapté et réglable aux petits oignons. On peut rentrer un objectif journalier, un objectif pour l’ensemble du projet ainsi qu’une deadline. On peut même régler l’objectif journalier pour qu’il s’adapte automatiquement pour être certain de finir le projet en temps et en heure.

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Encore une fois, ce n’est pas pour tout le monde (certains se sentent enfermés dans ce genre d’obligation), mais pour moi, c’est quelque chose qui a bien fonctionné. Scrivener m’y a beaucoup aidé.

4 – Tout au même endroit

C’est probablement le point qui m’a convaincu le plus, en tout cas à mes débuts avec ce logiciel. Scrivener accepte tout type de documents, des liens, et vous pouvez créer des dossiers résumant les recherches que vous avez faites pour votre projet.

Vous pouvez, par exemple, collecter des images Google Maps concernant une scène, des photos de maisons ou des portraits de personnages, des articles Wikipedia qui pourraient vous servir de référence.

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Tout est disponible dans une seule et unique interface, et en bonus, vous pouvez utiliser la fonction « Référence rapide » pour avoir sous les yeux le document au moment où vous écrivez. Super pratique, cette option est disponible également en plein écran.

5 – Ecrire d’abord, réorganiser ensuite

Ce qui frappe également, c’est la facilité avec laquelle on peut réorganiser ses textes. Déplacer un paragraphe ? Deux clics. Un chapitre entier ? Un glisser-déposer. Enlever une scène, puis se rendre compte qu’elle est indispensable et la remettre ensuite, deux révisions plus tard ? Checked.

J’utilise pour cela un dossier spécial pompeusement nommé « scènes enlevées ». Je peux les retrouver à tout moment, que ce soit en mode « plan » ou en mode « cardboard ».

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Parcourir un texte d’une centaine de milliers de mots devient ainsi un jeu d’enfant. C’est possible dans d’autres logiciels, mais il est beaucoup plus compliqué de trouver où on a déplacé quoi, à quel endroit insérer tel ou tel paragraphe… Scrivener, sur ce point, change la donne.

6 – Révisions

Scrivener offre la possibilité de faire des instantanés de vos textes. Vous pouvez ainsi suivre les différentes modifications au fil des corrections et des différentes passes d’édition.

Cette option est configurable manuellement ou automatiquement à chaque sauvegarde du texte, et elle permet de revenir en arrière, revoir les différentes révisions et les comparer, de manière similaire à ce que ferait tout bon traitement de textes.

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7 – Création d’ebooks

C’est là un élément clé de ma vie d’auteur indépendant : lorsque tout un projet est terminé, il faut le formater et le publier d’une manière ou d’une autre. Et fabriquer un ebook, lorsque l’on a jamais ne serait-ce qu’essayé, peut être assez difficile et faire peur.

Scrivener vous aide dans ce processus, avec seulement quelques options à choisir dans une liste déroulante, ce qui vous permet de fabriquer un ebook à partir de votre manuscrit en quelques minutes.

C’est devenu mon outil de choix pour exporter en e-pub, mobi ou PDF.

Vous l’aurez compris : c’est devenu une part importante de mon travail d’auteur, un logiciel qui me simplifie la vie et m’aide à me consacrer à ce que j’aime vraiment ; raconter des histoires.

Vous pouvez vous faire une idée en téléchargeant une version d’essai sur leur site et sinon, la version complète est disponible à 45 $USD.

C’est de loin le meilleur investissement que j’ai fait (en dehors de mon Mac) en logiciel d’écriture.

Une façon de faire les révisions dans Scrivener

L’idée du premier jet est de ne pas se laisser tenter et de corriger au fur et à mesure que vous racontez votre histoire, mais bien de littéralement « cracher » l’histoire telle qu’elle vous vient, et ceci le plus vite possible. De cette manière, je rentre dans « la zone », et tout ce que je fais, c’est raconter l’histoire, sans m’interrompre sans cesse sur la qualité de ce que j’écris.

Mais vient un deuxième moment, celui de la révision de ce premier jet. Scrivener est à ce moment-là aussi un outil inestimable pour moi, de même que l’iPad. Ceci dit, je suis à peu près certain que vous trouveriez un moyen d’utiliser cette méthode avec n’importe quelle tablette capable d’annoter un fichier PDF, et avec n’importe quel logiciel d’écriture. Mais pour ceux que cela intéresse, mon process se fait en deux phases.

1/ Relecture du premier jet sous l’œil de l’éditeur en moi : je veux voir les fautes, je veux voir les erreurs grammaticales, je veux voir les fautes de frappes, les trous dans l’histoire, et tout ce qui a échappé à Antidote.

Pour cela, j’avais l’habitude d’imprimer mon manuscrit et de griffonner des centaines de notes. Mais la consommation de papier et de toner d’imprimante, ainsi que le poids de mon manuscrit (pages A4, double interligne et une petite marge pour annoter) m’ont convaincu de passer à l’annotation sur tablette.

Mon iPad (un vieux bousouf dans les 600 grammes, « RETINA ») pèse bien moins lourd, et, contrairement à mon manuscrit, je peux l’emporter partout.

J’utilise Notability ( Lien iTunes) pour faire mes annotations sur ma tablette, la plupart du temps au doigt, quelques fois avec un stylet.

Dès que je retrouve mon Mac, le fichier annoté m’attend dans un dossier Dropbox.

2/ J’importe le fichier PDF avec les annotations dans Scrivener. J’utilise le fractionnement d’écran (menu Disposition) horizontal :

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Ce qui me donne un écran double, avec mon texte d’un côté et les annotations de l’autre. C’est très lisible sur mon 13 pouces, à condition de cacher l’Inspecteur (⌥⌘I) et le Binder (⌥⌘B).

Top.

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