Pensées & Opinions

Un blog à l'ancienne, quoi.

Idées, opinions, perspectives, des articles de blog sur tout ce qui m’intéresse.

L’importance de la manière de dire les choses

Dans Le Cygne Noir, Nassim Taleb écrit que les êtres humains croient à tout ce qu’on leur raconte, tant que c’est dit avec assurance. Nous sommes entraînés à détecter la moindre faille dans la confiance que l’on affiche, ce qui sème le doute dans notre esprit avant même qu’on l’ait exprimé soi-même.

L’important n’est pas ce que l’on dit, mais la manière dont on le dit.

Face aux autres, il faut cultiver la litote (dire moins pour laisser entendre davantage) et afficher en permanence un calme olympien.

L’auteur note également qu’il est bien plus facile d’exprimer la confiance en soi en étant excessivement poli et amical.

La règle de Raymond Chandler

L’écrivain américain Raymond Chandler avait l’habitude d’écrire sur de petites cartes cartonnées (les index cards au format A7). Il les utilisait directement dans sa machine à écrire.

Il suivait une unique règle : quelque chose devait se passer sur chaque carte, ce qui l’entrainait à être précis et direct. L’équivalent moderne pourrait s’articuler ainsi : on doit s’assurer que le lecteur a une épiphanie tous les deux cent cinquante mots. Cela rend l’écriture plus concise et efficace.

Ce n’est pas que le lecteur n’apprécie pas les idées profondes, au développement long, mais il s’agit d’envelopper ces idées dans une narration intéressante, parsemée d’un enchaînement harmonieux de mini-révélations. Tout comme les bons humoristes cachent de petites blagues au sein de la thématique de leur sketch, les bons écrivains gardent l’attention de leurs lecteurs avec une révélation toutes les pages.

(Via David Perell.)

2020 en livres

La liste de ce que j’ai lu pour l’année 2020 porte le compte à 35. C’est plus que l’an dernier (28), mais loin de l’objectif que je m’étais fixé de un livre par semaine.

La répartition ebook/livre papier est de 11/24, moins que ce que j’imaginais. D’une manière générale, je tire une leçon à ce sujet: j’ai maintenant tendance à lire la fiction sur la liseuse, et les autres livres « non-fiction » en version brochée, car la prise de note dans les marges est bien plus aisée —oui, je fais partie de ces gens qui font vivre leurs livres, les annotant, cornant les pages, dialoguant avec l’auteur.
La répartition fiction/n-f est plus intéressante: plus de soixante-dix pour cent de mes lectures sont de la non fiction.

Enfin, il semble que je lise à peu près autant en anglais qu’en français (19/16).

La liste

  • The bullet journal method de Caroll Ryder (2020-01-02)
  • The Antidote de Oliver Burkeman (2020-01-12)
  • Sapiens : Une Brève Histoire de l’Humanité de Yuval Noah Harari (2020-02-07)
  • Deep Work de Cal Newport (2020-02-14)
  • We should all be feminist de Chimamanda Ngozi Adichie (2020-02-09)
  • How to have impossible conversations de Peter Boghossian & James Lindsay (2020-03-01)
  • Profession romancier de Haruki Murakami (2020-03-10)
  • Everything is f*cked de Mark Manson (2020-03-28)
  • Alerte de Anonyme (2020-03-31)
  • How to take smart notes de Sonke Ahrens (2020-04-06)
  • La philosophie comme manière de vivre (2020-04-10)
  • Terre errante de Cixin Liu (2020-04-16)
  • Take control of Devon Think 3 de Joe Kissel (2020-05-16)
  • Un(e) Secte de Maxime Chattam (2020-05-30)
  • Comment écrire des histoires de Elisabeth Vonnaburg (2020-05-17)
  • Les cendres de Babylone, The Expanse 6 de James S.A. Corey (2020-06-06)
  • The Infinite Game de Simon Sinek (2020-06-11)
  • Don’t panic, Douglas Adams and the Hitchhiker’s guide to the galaxy de Neil Gaiman (2020-06-13)
  • Meurtres en douceur de Ray Bradbury (2020-06-15)
  • Le jour des cendres de Jean-Christophe Grangé (2020-07-07)
  • Comme par magie de Elisabeth Gilbert (2020-07-12)
  • Mange, prie, aime de Elisabeth Gilbert (2020-07-24)
  • Les flammes de l’empire, l’Interdependance T2 de John Scalzi (2020-07-26)
  • Le dernier secret du Vatican de Steve Berry (2020-08-02)
  • Les Saintes Reliques de Steve Berry (2020-08-08)
  • The calculating stars de Mary Robinette Kowal (2020-08-24)
  • Mastery de Robert Greene (2020-09-13)
  • La Vallée de Bernard Minier (2020-10-04)
  • The Art of Possibility de Rosamund Stone Zander & Benjamin Zander (2020-10-12)
  • 5'000 words per hour de Chris Fox (2020-11-10)
  • Dark Mirror de Barton Gellman (2020-11-15)
  • L’illusion de Maxime Chattam (2020-11-29)
  • Le gène Atlantis de A.G. Riddle (2020-12-08)
  • The system de James Ball (2020-12-11)
  • Thinking, Fast and Slow de Daniel Kahneman ()
  • Le Fléau Atlantis de A.G. Riddle ()
  • The Daily Stoic de Ryan Holiday and Stephen Hanselman (2020-12-31)

La loi de Goodhart

J’ai pris l’habitude de compter le nombre de mots (ou de signes, selon qu’on mesure à la française ou à l’anglo-saxonne) lors de mes sessions d’écriture. Cela me permet de marquer mes progrès et d’avoir une trace de ce que je fais, le but étant de conserver une certaine inertie, une lancée qui me permet d’aller au bout de mon manuscrit.

À un moment, c’était même devenu une obsession : j’avais toute une série de scripts pour compter ces mots dans mes documents Google Docs. C’en était au point que si je n’atteignais pas le nombre de signes que je m’étais fixé pour ma journée, je ressentais une culpabilité qui pouvait me bloquer par la suite.
Totalement contre productif.

« Quand une mesure devient un objectif, elle cesse d’être une bonne mesure. » Je suis tombé sur ce principe, souvent attribué à l’économiste Charles Goodhart, lors de la lecture de Atomic habits de James Clear. Je pense que cela représente bien le problème.

Il faut plus l’aborder sous l’angle proposé par Lionel Davoust. Plutôt que d’écrire tous les jours (et de compter ses mots), il faut “toucher” son manuscrit tous les jours, c’est à dire travailler dessus, que ce soient pour des corrections, une relecture ou la rédaction du premier jet.

Ne soyez pas un chimpanzé conformiste

Une étude a montré que lorsqu’un chimpanzé d’un certain groupe découvrait une manière efficace d’ouvrir les noix et change ensuite pour un groupe qui emploie une stratégie moins efficace, il va éviter d’utiliser sa méthode, pourtant supérieure, juste pour se mêler au reste des chimpanzés.

Les êtres humains sont similaires. Dans notre for intérieur, il existe une pression incroyable nous poussant à nous conformer aux normes du groupe. La plupart du temps, nous préférons avoir tort avec les autres plutôt qu’être le seul à avoir raison. Certains le savent très bien et en profitent. Ils utilisent ce comportement (et bien d’autres leviers) pour nous faire croire en insécurité, pour influencer nos choix lors d’un achat, pour modifier l’issue d’une campagne politique.

Prenons un peu de recul.

Si vous avez une idée novatrice, n’ayez pas peur de la défendre. Si vous avez une opinion ferme, prenez le temps d’en vérifier les origines, les valeurs. Valorisez votre individualité.
Ne soyez pas le chimpanzé qui se conforme au groupe.