Pensées & Opinions

Un blog à l'ancienne, quoi.

Idées, opinions, perspectives, des articles de blog sur tout ce qui m’intéresse.

Bande annonce

Bande annonce

Le podcast is the new black.

Plus sérieusement, je consomme beaucoup de podcast. C’est un format intéressant et varié, et qui permet d’aborder de nombreux sujets sous des formats très variés. Beaucoup de ceux que j’écoute concernent la littérature, la création littéraire, le côté business et le côté créatif.

Pourtant, je ne trouvais pas vraiment d’émission sur les coulisses de la création, par des écrivains, mais aussi des blogueurs littéraires, des éditeurs, ou d’autres acteurs de la grande chaîne du livre.

Cela tombe bien: il y a longtemps que j’avais envie de me lancer dans la création d’un podcast, mais l’ampleur de la tâche peut paralyser. C’est là qu’entre en scène mon amie Catherine.

À deux, nous sommes plus fort, plus créatifs, et surtout, nous pouvons créer l’emission qui nous manque: un format de conversation libre, où l’on se livre sans tabou sur notre passion qu’est l’écriture.

Le premier épisode sera diffusé le 3 janvier 2024

Il sera disponible sur les plateformes les plus connues pour la diffusion de podcast et aussi sur Youtube. Soutenez-nous, abonnez-vous, et si le show vous plait, laissez une (bonne) note sur les réseaux !

En attendant, voici la bande-annonce:

Bande annonce du podcast Duo de plumes0:00/51.2463711×

Vous pouvez nous suivre depuis le site du podcast:

Le podcast littéraire de Catherine Rolland et Cyril Vallée, deux auteurs suisses sans flitres !

Retour sur le festival Alterfictions

Retour sur le festival Alterfictions

Le festival littéraire Alterfictions a eu lieu les 18 et 19 novembre 2023 dans sa première édition, dans le château d’Yverdon, en Suisse. J’ai eu la chance d’y participer et je dois bien dire que j’ai vraiment passé un superbe week-end.

Le concept, novateur

Casser les codes, c’était le but de ce festival d’un autre genre (vanne intentionnelle). Il s’agissait pour une fois de disposer l’ensemble des livres proposés par les 77 auteurs sur des tables regroupant différents genres. Les écrivains, eux, étaient libres de déambuler parmi les visiteurs, de discuter entre eux, de dédicacer dans des espaces réservés à tous. Personnellement, j’attendais vraiment de voir ce que cela pouvait apporter. Avec ces deux jours de recul, l’idée m’a convaincu : le (futur) lecteur est plus libre de traîner au gré des couvertures, de retourner les livres pour lire les quatrièmes sans sentir aucune pression parce que l’auteur serait devant lui.

J’ai eu aussi beaucoup de plaisir à me faire interpeller au milieu du salon par une lectrice ou une autre :

« Bonjour, vous êtes bien l’auteur ? (Montrant le livre en question entre ses mains)

— Oui ?

— Je peux avoir une dédicace ? »

Et d’accompagner ladite lectrice vers une petite table ronde où l’on peut discuter tranquillement.

Très. Sympa.

Plein d’activités

Les organisateurs avaient prévu différentes tables rondes, conférences et remises de prix. On voyait aussi des dessinateurs travailler en direct, leur dessin évoluant sur le grand écran présent au bout de la grande aula magna.

Une ambiance bienveillante

Organisateurs-auteurs, auteurs, dessinateurs, éditeurs, visiteurs… Tout au long des deux jours, la gentillesse et l’entraide dominaient l’ambiance, sans concurrence, sans jalousie. Une bienveillance très bienvenue, ressentie dans toutes les salles et toutes les activités, et qui caractérise finalement ce festival.

Franchement, j’espère que l’exercice (réussi) sera renouvelé le plus tôt possible, de préférence l’année prochaine !

Une organisation incroyable

Rappelez-vous que c’est la première édition de ce festival de littérature de genre. Et bien, l’organisation était professionnelle. Accueil des auteurs et des éditeurs, montage et installation, aide, tout était prévu. La communication en amont du festival était également très bien faite ; elle a amené plus de 800 visiteurs, nombre remarquable pour, encore une fois, une première édition. J’ai eu la chance de participer à la création du trailer utilisé sur les réseaux, et je suis fier de voir comment il a été (bien) utilisé et des efforts autour de cette communication.

Tout s’est passé dans la fluidité, sans effort apparent ; on le sait c’est comme lorsque l’on voit un danseur professionnel, un athlète en pleine action, on ne le voit pas, mais on sait la quantité de travail qui a permis d’en arriver là.

Bravo donc pour tout ce travail aux organisateurs, bénévoles et participants à Alterfictions, une grande réussite.

Un sentiment de famille

Il se trouve que les organisateurs du festival sont, comme moi, des membres du GAHELIG, une association d’auteurs helvétiques de littérature de genre, et le sentiment d’appartenir à une famille de gens comme moiTM était fort et agréable.

Duo de plumes était présent

Ce fut également l’occasion de réaliser quelques interviews avec ma complice de podcast et copine de plume Catherine Rolland. Un exercice difficile et très intéressant qui nous a permis de recueillir le point de vue de différents acteurs au décours de la journée de dimanche : éditeurs, auteurs de polars, de romance, bénévoles et organisateurs. Rendez-vous au printemps pour écouter (ou voir !) le podcast consacré à l’édition.

Il est temps de « redescendre » et de revenir à la vie ordinaire. Mais je garde en mémoire ces rencontres et ces bons moments, et suis reconnaissant à Nicolas Genoud, Christophe Barraud, Sara Schneider, Amélie Hanser, Katja Lasan, K. Sangil, Fabrice Pittet, Méline Darsk, Lionel Truan, Anouk Langel, David Tschopp, Stéphanie Manitta… et j’en oublie certainement plein (pardon!) pour la mise en œuvre de cette superbe idée.

Lectures d’été — 2023

Cet été, une répartition égale entre la fiction et la non-fiction. J’ai principalement lu en français, et des brochés plutôt que sur la tablette. Le temps des vacances est toujours propice à plus de lectures, et j’en ai bien profité.

Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar

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Sous la plume classique de Yourcenar, je lis Hadrien, empereur romain de 117 à 138, alors qu’il fait un bilan sur sa vie.
J’y découvre plusieurs époques, correspondant aux passages de sa vie, depuis sa formation militaire et ses débuts de fonctionnaire jusqu’à son règne puis l’organisation de sa succession.
Hadrien participe aux guerres daciques, et on remarque à quel point il est marqué par l’injustice et la violence des massacres. Il en retire une volonté de paix, et lui-même décrit son début de règne sous le signe de la pacification.
On se rend compte aussi de l’étendue de l’empire alors qu’on suit ses voyages, et du temps qui passe (nécessaire pour parcourir autant le monde romain).
Dans le même temps, il décrit sa passion amoureuse pour le jeune Antinoüs, et surtout à quel point son décès prématuré assombrit sa vision du monde.
Hadrien démontre une certaine sagesse, une acceptation teintée de lucidité pourtant face à la mort.
En suivant son parcours au gré de l’empire, on découvre l’autre aussi au travers de ses yeux ; il se montre fasciné par les autres civilisations et leurs coutumes.

Finalement, avec une quête de la connaissance de soi, on retrouve des idées modernes, ou du moins qu’on peut aisément appliquer à la vie moderne : l’appréciation de la beauté du monde et sa préservation, l’art de reconnaître le mérite chez l’autre, la reconnaissance de la complexité de l’être, toujours en train de changer.

Journal d’un Assasynth 3 de Martha Wells

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J’ai longtemps résisté à la franchise Assasynth (est-ce qu’on peut parler d’une franchise en littérature ? Pas vraiment. Qu’importe : ça m’y fait penser à chaque fois). Je trouvais le jeu de mots moyen, le format trop court. Mais tout de même, ces prix attirent l’œil : pourquoi tant de gens encensent-ils ce bouquin ?

Journal d’un Assasynth : défaillances systèmes à reçu le prix Hugo, le prix Bob Morane, le prix Locus, le prix Nebula, le prix Alex…

Du coup, j’ai fini par craquer en avril avec le premier tome, et… j’avais raison : c’est bien trop court, ce qui fait que je les enchaîne depuis lors.
Ce que j’aime le plus, c’est le décalage profond du personnage principal – synthétique – avec son environnement humain, et l’évolution de ce dernier dans son humanité. Au fond, cela force à se poser la question : qu’est-ce qui nous définit vraiment ?
En plus, il y a ces descriptions de combat, réglés à la microseconde près, où l’on nous explique les décisions prises en fonction des paramètres initiaux de la programmation du synthétique ; j’y prends à chaque fois beaucoup de plaisir.

Pukthu primo par DOA

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J’ai acheté les deux tomes en une fois. Ce sont deux monstres de 700 pages, écrits par un auteur que j’avais déjà lu – et apprécié – en 2012. Le style peut parfois rebuter certains lecteurs, moi j’ai apprécié.
En revanche, l’histoire et les personnages sont un ouragan qui m’a balayé, me faisant vivre cette guerre dans ce qu’elle a de plus sordide et injuste, décalée et sale (il n’y a pas de guerre propre).
J’ai dû faire une pause entre les deux tomes.
Mais j’ai envie de découvrir ce qu’il advient des personnages principaux, et je retournerais vers le deuxième tome d’ici la fin de l’année.

Le manuel d’Epictète


Un court guide de stoïcisme.

Antifragile de Nassim Taleb

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Longs essais sur l’importance du hasard et sur le sujet intéressant de « l’opposé du fragile ». On regarde au travers de ce thème différents domaines comme l’éducation, la santé, la gouvernance (les gouvernements), le business, la philosophie.
Beaucoup de notes et d’occasion de discuter ; je vais concocter un petit résumé de mes notes.

Sur la dalle de Fred Vargas


Quel plaisir de retrouver un de mes personnages préférés : le commissaire Adamsberg dans une enquête à la limite du huis clos si l’on accepte qu’un petit village puisse en être un. Le même plaisir de lecture que lorsque j’ai découvert cette autrice en lisant Ceux qui vont mourir te saluent au début des années 2000.

Feynman’s Rainbow: A Search for Beauty in Physics and in Life by Leonard Mlodinow


Une vue inhabituelle sur les dernières années d’un génie, et la recherche de sens dans le milieu de la physique fondamentale. Un livre court et intéressant avec quelques pépites sur la créativité et la vision du monde.

La huitième fille de Terry Pratchett

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Là aussi, j’ai mis des années avant de me laisser conquérir par l’écriture de Terry Pratchett. Ce n’est qu’après avoir lu sa biographie (écrite par son assistant, Rob Wilkins) en avril que je me suis lancé dans les aventures du disque-monde. C’est le cinquième opus que je lis avec le même plaisir et quelques rires à voix haute à la lecture de certaines tournures de phrase et de comparaisons délicieuses.

Les vacances d’été m’ont dégagé un peu plus de temps, me permettant de lire un peu plus que d’habitude. Je suis un lecteur lent (enfin, si je me compare à madame, qui sur la même période a terminé 12 romans), mais le bouquin qui m’a demandé le plus – à cause des notes assez copieuses que j’ai prises durant sa lecture – est Antifragile. C’est aussi celui sur lequel je reviendrais plusieurs fois avant la fin d’année.

Redonner du temps à l'essentiel

Redonner du temps à l'essentiel

Ces derniers temps, lorsque j’ouvre mon ordinateur, je me sens dépassé, confronté au problème de mon rapport au temps : j’ai tellement à faire, et si peu de temps ! Il en ressort un stress qui n’est vraiment pas nécessaire et même, dans mon cas, délétère d’un point de vue créatif.  

Depuis lors, il m’arrive de rester bloqué devant mon fichier ouvert, incapable d’avancer sur le projet en cours. Et cela devient même pire : je me retrouve à tout faire sauf terminer mon manuscrit, écoutant la voix convaincante de la Resistance, trouvant n’importe quel moyen de procrastiner.

Notez que ce n’est pas la première fois que cela me pose un problème, j’avais même écrit un article pour débroussailler mes idées et trouver des méthodes pour dégager du temps pour écrire. Si l’article est daté, il a le mérite de me rappeler où j’en étais par rapport à ce thème à l’époque.

Quand on est créateur, on dirait qu’il y a une règle tacite, une injonction à produire à tout prix et à grande vitesse. Cela peut parfois donner l’impression que si l’on ne produit pas, on n’existe pas, que ce soit pour les systèmes à dopamine que sont les réseaux sociaux ou pour satisfaire les algorithmes d’un site de vente en ligne. Et cette pression, je la ressens assez pour qu’elle gêne mon travail créatif. 

Elle devient un vrai problème.

Je suis tombé sur un article du blog de Dimitri Régnier, dans lequel il décrit des sensations similaires, en tout cas pour ce qui est de son rapport au temps, de son utilisation, et des contraintes qui nous sont imposées.

Je le rejoins sur plusieurs points, mais l’un en particulier me titille particulièrement : pour créer et produire de la qualité, en fait, il faut du temps, il faut prendre le temps. Par exemple, j’aurais dû sortir le tome 2 de Timeskippers avant les fêtes de fin d’année (notamment pour satisfaire l’algorithme). Mais si je veux être fier de ce texte et qu’il soit au niveau de qualité que je souhaite, je me dois de prendre le temps d’y travailler jusqu’à atteindre cet objectif.

Je me rends compte aussi que la situation est accentuée par les outils que j’utilise. Un désavantage du caractère “geek curieux” qui m’habite, je teste pas mal de choses, je cherche à trouver le meilleur outil pour ce que je fais (la planification, l’écriture, la production d’ebooks). Résultat après quelques années : il y en a littéralement partout, mes textes et mes idées sont dispersés dans différents systèmes et logiciels, et cela participe beaucoup du sentiment d’être dépassé quand je soulève le capot de mon portable.

J’ai pourtant des indices sous les yeux. Depuis plusieurs mois, j’utilise une machine à écrire toute simple, avec un écran LCD et un superbe clavier mécanique, qui synchronise mes textes avec mon ordi. Et c’est libérateur : quand j’allume cet outil précis, c’est uniquement pour écrire. Un outil simple, qui ne sert qu’une fonction, qui marche tout le temps.

Les militaires, et particulièrement les unités des forces spéciales, utilisent un moto sous forme d’acronyme: KISS (Keep It Simple Stupid).

Donc, je tends de plus en plus à la simplification de mes outils et de la façon dont je gère mes fichiers. Inspiré par certains des articles de Ploum, mes idées m’amènent à nouveau vers un amour de jeunesse : Linux et les FOSS (Free and Open Source Software), avec cette tendance non pas au minimalisme, mais à l’essentialisme. 

Dans le même ordre d’idée, je m’éloigne des systèmes à dopamine (je n’ai pas ouvert Facebook depuis plusieurs mois et je vais bien mieux, merci), et j’ai réouvert un compte Mastodon, où l’ambiance ressemble beaucoup à celle des l’internet des pionniers, avec de l’entraide du partage et une certaine forme de bienveillance (et ça fait du bien).

Tout cela déclenche un arc cognitif et me rappelle cette citation de Blaise Pascal :

Tous les problèmes de l’humanité découlent de l’incapacité de l’homme à s’asseoir tranquillement et seul dans une pièce. Blaise Pascal

Dimitri a raison : il s’agit en fait de retrouver notre capacité à conserver une vie intérieure et je rejoins sa conclusion. Il faut redonner du temps à l’essentiel, pour vivre en accord avec ses valeurs.

Je rejoins le groupe des auteurs helvétiques de littérature de genre (GAHELIG)

Je rejoins le groupe des auteurs helvétiques de littérature de genre (GAHELIG)

J’avais repéré depuis quelque temps le GAHELIG grâce à Catherine Rolland, une autrice hybride avec qui j’ai un certain nombre de points communs (ce sera pour une autre fois). En me renseignant sur le groupe, j’ai vu qu’il était très actif et comportait pas mal de membres, des écrivain.e.s indépendant.e.s autant que d’auteurs issus de l’édition traditionnelle.
Très vite, j’ai eu envie de les rejoindre.

L’année passée, je me suis décidé à les contacter. J’ai eu la chance d’être accepté à la session d’été et j’ai donc pu les rencontrer pour de bon au mois d’août à l’occasion du rassemblement annuel.

Le groupe est très dynamique et propose ponctuellement des projets éditoriaux collectifs, et, depuis cette année, une revue trimestrielle. Il fournit un cadre pour se rencontrer et partager, mais pour moi, c’est avant tout un formidable réseau de contacts avec d’autres auteurs (la plupart suisses, donc encore mieux pour moi car locaux).

Par ailleurs, je cherche depuis quelques années à rencontrer et à partager avec d’autres auteurs locaux, et ça me manquait. Le hasard a voulu que je rencontre cet été lors du rassemblement Léo Brughieri, membre du groupe également et auteur de Lausanne ; on pourra échanger dans la vraie vie sur place et pas qu’en ligne, et j’en suis ravi :)

Pour tout savoir sur le GAHELIG et voir les projets en cours, foncez : www.gahelig.ch